Leila Zerrougui : « Le peuple congolais a démontré une maturité extraordinaire »

 Le peuple congolais a donné une leçon extraordinaire de sa prise de conscience et de maturité, a affirmé mercredi 30 janvier la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, Leila Zerrougui, au cours de sa première conférence de presse de 2019 à Kinshasa.

La cheffe de la MONUSCO a dit être témoin d’un tournant dans l’histoire de la RDC.

La mise en place de nouvelles institutions marque un démarrage vers un avenir meilleur pour la RDC, a estimé Leila Zerrougui. En effet, les élections du 30 décembre 2018 se sont déroulées de manière paisible, de même que la passation de pouvoir entre le chef d’Etat élu et le sortant. Mme Zerrougui a ainsi rendu hommage au peuple congolais :

« Nous avons vécu des moments difficiles, des moments d’angoisse. Je tiens à le dire devant vous, je pense que le peuple congolais a démontré une maturité extraordinaire. Le peuple congolais a été patient avec son élite, avec ses représentants politiques. Il a aussi été, de mon point de vue, conscient des enjeux, des risques. Et je pense que cette dimension historique va aussi impacter les étapes futures. »
 

La cheffe de la MONUSCO a par ailleurs appelé tout le monde à accompagner la RDC dans ces étapes futures. La mission onusienne, a-t-elle laissé entendre, va s’inscrire dans les priorités à définir avec le nouveau gouvernement.

« J’ai rencontré, pour la première fois, le nouveau président de la République dans ses nouvelles fonctions pour échanger avec lui et pour aussi lui dire qu’à la MONUSCO, nous sommes et nous mettons à disposition nos capacités pour appuyer la RDC là où les nouvelles autorités décideront que soient leurs priorités », a-t-elle rapporté.

Dans cet accompagnement, la MONUSCO souhaite aussi que chaque partie prenante de la vie socio-politique du pays joue pleinement son rôle de manière pacifique et civilisée.

Mme Zerrougui a dit avoir fait le plaidoyer dans ce sens à l’intention de Martin Fayulu, le candidat malheureux de la coalition Lamuka à la présidentielle du 30 décembre 2018. Elle l’a reçu ce mercredi en prévision du rassemblement prévu ce week-end par sa famille politique.

 

Yumbi

Concernant le conflit interethnique de Yumbi entre les Banunu et les Batende qui a fait plus de 900 morts, Mme Zerrougui a estimé qu’il « n’y a pas de fosses communes à Yumbi, dans la province de Maï-Ndombe, mais plutôt des tombes dans lesquelles plusieurs personnes ont été inhumées ».

Elle explique que « la connotation des fosses communes veut dire que l’on a exécuté des gens de manière extrajudiciaire et on essaie de camoufler dans des fosses communes pour ne pas identifier les personnes ». Ce qui n’est pas le cas pour Yumbi, avance-t-elle.

Selon elle, les habitants de Yumbi ont peut-être essayé de couvrir les cadavres pour ne pas les exposer à la merci des animaux. « Ces cadavres sont dans la ville. Ce n’est pas quelque chose qu’on découvre à un endroit caché », a-t-elle ajouté.

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), Michelle Bachelet a récemment proposé l'appui du HCDH dans la conduite des enquêtes ainsi que dans les efforts visant à prévenir la répétition de telles violences et à œuvrer pour la justice et la réconciliation.

 

 

 

 

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